Le système de soins psychiatriques est en pire santé que moi

TW: depression, suicide

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Ces derniers temps ça n’a pas été facile. Comme certains d’entre vous on pu le lire dans cet article, mes troubles psychiatriques sont sévères, et mon suivit médiocre. Je me sens seule face à ma maladie, et le système soins qu’on me propose ne m’aide pas.

On m’a prescrit il y a quelques mois de l’Abilify, un neuroleptique, sans me dire pourquoi, ni me dire ce que j’avais. Je suis allée voir sur internet, j’ai lu « psychoses » et « troubles bipolaires ». J’ai demandé à ma psy si c’était ça. Sa réponse: « Vous avez un mal-être. »

J’ai fait confiance, j’ai pris ce neuroleptique à 70 euros la boite. Il m’a fait du bien un temps, mais pas assez. Je me sentais rechuter tous les mois et j’étais obligée de traiter ma dépression et mon anxiété par mes propres moyens, sans en parler à ma psy, car elle désapprouvait. Je lui ai demandé plein de fois s’il ne valait pas mieux utiliser un antidépresseur pour m’aider. Sa réponse était non, sans explications. Les idées de suicide, parties un temps avec l’Abilify, revenaient, de plus en plus souvent, de plus en plus violemment aussi. Ma douleur psychique s’intensifiait de nouveau malgré le traitement, et j’ai appelé ma psy pour lui demander comment l’arrêter. Encore une fois, pas de conseils, pas de ligne de conduite. Elle m’a simplement dit « je vous le déconseille » et elle m’a donné rendez vous 4 jours après. J’ai arrêté quand même, à mes risques et périls.

La douleur s’intensifiait toujours, peut être à cause du sevrage, et j’ai du il y a quelques jours aller aux urgences psychiatriques. Ils ont été très gentils mais n’ont rien pu faire d’autre que me donner un demi comprimé de Tercian pour l’angoisse. Je suis rentrée chez moi épuisée et désespérée. Ma douleur était extrêmement forte et ni ma psy, ni le service des urgences, ni personne, apparemment ne pouvait rien y faire. J’ai pleuré très fort et longtemps, je n’en pouvait plus. Monsieur Z est arrivé chez moi en catastrophe craignant pour ma vie. On s’est endormis épuisés.

Le lendemain matin nous sommes allés ensemble à mon rendez vous avec la psy. Je ne parlais pas. Z a dit qu’il ne savait plus quoi faire pour m’aider, qu’on se sentait impuissants et perdus. Je pleurais. La psy a proposé l’hôpital psychiatrique. Je pleurais toujours. Ma plus grande craint étant d’être enfermée et coupée du monde, l’idée ne m’enchantait pas. Sans que je ne sache comment, une ambulance était en route pour m’y emmener tout de suite. J’étais sans affaires, la batterie de mon téléphone presque vide, je n’avais rien mangé de la journée, et une ambulance allait m’emmener. J’ai pleuré en disant que je ne voulais pas y aller, mais je n’ai pas eu le choix.

En arrivant à l’hôpital j’avais presque accepté l’idée en me disant que j’en ressortirais en me sentant mieux. Je suis entrée dans une unité et on a fermé la porte à clef derrière moi et Z. La pièce était sale, froide, avec une odeur bizarre. Des gens déambulaient en me regardant méchamment ou avec curiosité. Une femme d’à peu près mon âge m’interpelle en criant « C’est quoi ton nom? Hey! Comment tu t’appelles? » elle a de la nourriture autours de la bouche et je détourne le regard. Tous les patients me regardent bizarrement et je commence à trembler. Z murmure « Où on nous a emmené bordel? » je le regarde en ayant peur, je ne veux pas être enfermée ici pendant des semaines voire des mois. « Je peux pas rester là. » « Tu resteras pas là on va partir tout de suite. »

On va vers la porte mais elle est verrouillée. On demande a une infirmière de l’ouvrir mais elle répond « Vous êtes admise à partir de maintenant à l’hôpital, vous devez attendre le psychiatre. » Le psychiatre en question met trois quart d’heures à venir. Il demande à Z de me laisse pendant la consultation mais j’insiste pour qu’il reste. Le psychiatre fait la gueule. Il me coupe la parole beaucoup, il me traite avec condescendance et me parle de me prescrire un autre neuroleptique. Je dis non, il répond « On va essayer quand même. », je redis non, et lui « Essayons quand même. » il ne m’écoute pas, il m’interromps, il se vexe quand je dis que je veux sortir d’ici. « Evidemment qu’on ne va pas vous retenir si vous ne voulez pas rester. »

Après la consultation, Z et moi allons vers la porte en attendant que quelqu’un nous ouvre. Le psychiatre vient vers moi et me parle comme à une enfant en disant « C’est pas la peine de rester près de la porte comme ça, on ne bouscule pas les gens ici. », je me contente de dire « ouioui » parce que de toute façon je n’ai pas le pouvoir de décider quand je sors de cet endroit ou non. Je sens qu’il faut d’abord que je montre une forme de soumission face à cet individus, en acceptant de prendre son ordonnance pour le médicament que je refuse. Il finit par me serrer la main et nous ouvrir, et nous sommes partis de cet endroit atroce en nous jurant de ne plus jamais faire confiance à ma psychiatre.

Aujourd’hui je cherche un nouveau praticien en qui j’aurai confiance et qui ne tentera pas de m’envoyer à Shutter Island. Qui respectera mes choix par rapport à mon traitement et qui me donnera des clefs pour lutter contre ma maladie. J’ai l’impression de tout recommencer à zéro. C’est long, épuisant, et je suis fatiguée.