A quoi doit on s’attendre lors d’une IVG

J’ai écris cet article il y a un peu moins d’un an suite à mon IVG, j’ai décidé de le republier sur mon WordPress à l’occasion du Hashtag #PayeTonUterus
Suite à la lecture de nombreux témoignages atroces, je donne ma petite contribution pour savoir à quoi on a le droit lorsqu’on souhaite faire une IVG. 

En France, lorsqu’on tombe enceint(e) et qu’on ne souhaite pas poursuivre la grossesse, on a la possibilité de l’avorter.

Fin 2013, j’ai moi-même été confrontée à cette situation, et lors de ma prise en charge, on m’a fourni ce livret guide m’expliquant les démarches à effectuer et les différentes méthodes d’avortement qui existent, ainsi que des informations sur la contraception. Voici le lien Je vous invite à le lire chaudement.

Pour une IVG, le déroulement des évènements est le suivant :
– Une 1 ère consultation médicale ou l’ont déclare être enceint.e, et ou le médecin nous donne une lettre lançant le délai légal de 7j de réflexion. Le médecin prescrit aussi une prise de sang pour confirmer la grossesse. IL N’EST PAS NECESSAIRE D’ATTENDRE QUE LA GROSSESSE SOIT CONFIRMEE POUR LANCER LE DELAI DE SEPT JOURS.
– Une deuxième consultation ou l’on confirme qu’on veut avorter, et ou on choisit la méthode (médicamenteuse ou chirurgicale), et l’endroit ou on veut pratiquer l’IVG (chez soi ou dans un établissement de santé). Pour les IVG chirurgicales (pas aspiration), c’est forcément dans un établissement de santé, et on choisit l’anesthésie.
– J’ai ensuite eu un rdv avec une anesthésiste qui m’a proposé de choisir entre anesthésie locale et générale.
– L’IVG en question.
– Un ultime rendez vous de contrôle, quelques temps après pour vérifier que tout va bien.

Lors de la deuxième consultation médicale, le médecin a déterminé que ma grossesse était à un terme de 3 semaines ; j’avais donc le choix entre pratiquer une IVG médicamenteuse ou chirurgicale.

Ce qui est pas mal avec l’IVG médicamenteuse, c’est qu’on peut la pratiquer chez soi et gérer toute seule. On peut aussi choisir de la pratiquer dans un établissement de santé, cela dit.

Personnellement, je ne le sentais pas. Certaines personnes disent que c’est comme des grosses règles, en fait c’est une fausse couche. On a mal et on peut saigner pendant plusieurs jours, beaucoup, en fonction du terme de la grossesse j’imagine.

D’ailleurs certains praticiens peu scrupuleux ne pratiquent QUE des IVG médicamenteuses, même après 7 semaines, parce que les saignements et la douleur sont tels que ça « puni » la personne qui avorte afin de lui « donner une leçon ».
Je préférais en terminer rapidement (dans le livret il est écrit que la méthode chirurgicale dure une dizaine de minutes-) et comme j’étais à un terme précoce je me disais que ca allait être encore plus simple, niveau douleur à gerer ensuite.

Quand on choisit la méthode chirurgicale, on a ensuite le choix de la méthode d’anesthésie. Locale ou générale.
L’avantage de l’anesthésie générale c’est qu’on s’endort, on se réveille et c’est terminé. L’inconvénient c’est  que les suites d’une anesthésies générales sont plus lourdes. Il faut rester plusieurs heures en observations, et on doit repartir avec quelqu’un en voiture. Comme je comptais rentrer chez mes parents pour Noël le jour même, et que je ne voulais pas les tenir informés de mon avortement, l’anesthésie générale était peu envisageable.
Locale, donc, pour moi. Le choix, je l’ai fait au moment de la deuxième consultation médicale, mais j’ai eu ensuite une consultation avec une anesthésiste, où j’aurai la médecin (qui ne portait pas de blouse) m’a rassurée et a dit que je pourrais changer d’avis même au dernier moment dans le bloc. Car elle avait perçu un doute chez moi. Elle a donc noté tout ça dans mon dossier à l’intention du praticien qui ferait l’IVG. Elle était vraiment cool, elle m’a aussi dit que j’avais le droit d’apporter mon ipod si ca pouvait rendre les choses plus simples. Un iPod ne pose aucun problème lors de ce genre d’intervention, car même si ca se passe dans un bloc ,et qu’on fait des douches à la Bétadine avant d’y aller, ce n’est pas une intervention stérile.

Pour ce qui est de l’intervention en elle-même, je vais détailler tout ce dont je me souviens au niveau de mon vécu, ainsi que les procédures techniques qui m’ont été détaillées par le médecin qui a pratiqué mon avortement

.

J’avais rendez vous à 7h30 pour être admise à l’hôpital de jour du centre de planification. J’ai suivi une personne dans l’hôpital, qui m’a demandé si j’avais bien pris mes douches à la Bétadine, si j’étais à jeun etc. J’ai revêtu la tenue de bloc, on m’a donné du Rohypnol, pour me détendre, deux ibuprofènes et deux paracétamols pour prévenir la douleur. On m’a posé une perf, mais aucun souvenir de ce qu’il y avait dedans (à priori soit du spasfon, soit du Glucose 5 pour maintenir ma tension stable)

Vers neuf heures, le brancardier m’a conduite au bloc. Je tremblais pas mal, il faut dire qu’il faisait très froid et que je n’en menais pas large. Dans le bloc une infirmière m’a couverte avec un drap et y a glissé un tuyau qui soufflait de l’air chaud. C’était rassurant et ça a rendu la situation beaucoup plus confortable. J’avais mes écouteurs dans les oreilles et ca n’était pas du gout de tout le monde mais j’ai entendu le médecin dire que c’est lui qui proposait aux patientes d’avoir leur musique pour les aider. Je dois dire qu’en ce qui me concerne, ça m’a beaucoup aidé.

« – C’est quoi votre musique ?

– Indochine.

– Ah. » Oui, bon.

Après m’avoir mise en position gynécologique, les infirmières allaient pour attacher mes bras à la table, mais leur médecin a dit « Non, on fait en local, c’est ça ? Il n’y a pas besoin d’attacher les bras. » Après il s’est tourné vers moi et a ajouté « On attache les bras lors de l’anesthésie générale parce que des fois les patientes bougent un peu. »

Une infirmière a procédé à la désinfection de ma vulve. A chaque fois elle me prévenait avant que tel produit allait être froid, où chaud.

Pendant ce temps le médecin s’était placé entre moi et la porte, afin de faire écran et protéger le peu d’intimité qu’il me restait. Malgré la position inconfortable, tants d’efforts pour me rassurer et communiquer avec moi ont fait que je l’ai beaucoup mieux vécu que je ne l’aurai cru. Je pense aux personnes qui racontent avoir vécu une IVG avec des praticiens silencieux et moralisateurs, et ça me donne froid dans le dos.

Quand le médecin a pris le relais, il m’a désinfectée une dernière fois puis a inséré le speculum. Il a ensuite injecté de la Xylocaïne dans mon col en quatre injections. C’est la même molécule utilisée en anesthésie dentaire, et j’ai ressenti les piqûres de la même façon qu’on les ressent dans la gencive. C’est désagréable, mais en me concentrant sur ma musique, ca allait. A la troisième ou quatrième injection, il m’a dit « On vous injecte pas mal de produit, quand même, donc c’est possible que vos oreilles commencent à bourdonner un peu. »

L’euphémisme. J’ai en effet senti mes oreilles bourdonner, jusqu’au point ou je n’entendais presque rien. Puis j’ai commencé à planer. J’ai eu peur qu’ils décident de me basculer en anesthésie générale parce qu’apparemment mon rythme cardiaque avait augmenté lors des injections (il faut dire qu’à un moment j’ai pris conscience qu’il y avait un aiguille dans mon vagin et, comment dire…), et je les ai senti hésiter. Je leur ai dit que ça allait, et après avoir attendu que l’anesthésie fasse effet, il a pu continuer. En fait le plus long a été l’anesthésie en elle-même.

La prochaine étape était de dilater le col de mon utérus, avec ce qu’ils appellent une bougie. C’est une tige en métal ou en plastique, d’un diamètre plus ou moins important, qui est insérée dans le col afin de l’élargir. C’est ce geste qui nécessite une anesthésie car c’est douloureux. Je n’ai rien senti, c’est en lisant le compte rendu opératoire et en discutant avec le médecin à postériori que j’ai pris conscience de ça.

Après la dilatation du col, il a inséré la sonde d’aspiration, et je dois dire que j’ai légèrement flippé à ce moment là, parce que je l’ai sentie dans mon vagin, ou passer à travers le col. Je sais plus exactement, mais j’ai eu peur que l’anesthésie n’est pas faite assez effet. Je n’ai pas eu mal pourtant, c’était peut être juste de la proprioception (un sens qui nous indique quand on a un corps étranger, même si les signaux de douleurs sont éteints). Ca a duré quelques secondes de toute façon. Avant d’aspirer, il m’a dit que mon utérus allait se contracter, et que l’anesthésie ne pouvait pas grand-chose contre la douleur, que c’était surtout les médicaments qu’on m’avait donné au début qui allait aider (l’Ibuprofène surtout)

Je l’ai senti se serrer comme un poing dans mon ventre, et c’était fort désagréable. Heureusement l’aspiration a duré en tout et pour tout 2 minutes. J’ai eu la chance de ne pas saigner beaucoup, surement parce que le terme était précoce.
Il a ensuite placé mon stérilet dans mon utérus, sans que je ne sente rien, et un interne a fait une échographie où j’ai pu voir cette forme en T sur l’écran. Après qu’il m’ait nettoyée, j’ai pu baisser mes jambes. Un brancardier très sympathique m’a reconduite dans la chambre de l’hôpital de jour et j’ai pu sortir en fin de matinée.

En ce qui concerne les suites de l’avortement, le jour même je n’ai quasiment pas saigné. Je n’avais pas mal du tout (en même temps j’avais pris pas mal d’antalgiques), j’ai pu aller au restaurant juste après, et rentrer chez mes parents.

Physiquement ca n’a pas été évident. Plus à cause de la pose du DIU que de l’avortement en lui-même je pense. Au troisième jour j’ai commencé à sentir des douleurs utérines, et au 5ème j’ai ressenti des contractions pendant la soirée. Les antalgiques n’agissaient plus et je ne trouvais aucune position antalgique. La douleur irradiais dans le dos et j’ai mis un moment avant que mon corps s’habitue.

Pour conclure, j’ai essayé de retranscrire tout ce dont je me souvenais. Je ne sais pas si ce témoignage servira à quelque chose, étant donné que mon point de vue est très subjectif. Mais si vous avez des questions, je suis disponible pour y répondre.

Aussi, j’ai trouvé un super site que je partage avec vous, sur ce lien, vous aurez des détails sur les différentes méthodes d’interruption volontaire de grossesse, sur cet autre lien, il y a un aperçu des différents instruments utilisés pendant l’IVG chirurgical, et sur ce dernier lien, est décrit de façon assez juste la douleur que l’on ressent pendant l’avortement.

Aller plus loin:

Suivre le hashtag #PayeTonUterus (storify à venir)

Le tag IVG dans Polyvalence mon Pote.

Si vous avez des liens interessants vous pouvez les partager en commentaire.

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Un commentaire sur “A quoi doit on s’attendre lors d’une IVG

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