Lucy

Cet article est purement fictionnel:

 

 

Je me réveille. C’est l’été. Il fait très chaud, j’ouvre les yeux pour la première fois. Des couleurs, des tentures. Les motifs bougent. Je pleure. Mes yeux coulent énormément, je ne fais qu’un avec les gens que j’aime. L’amour m’emplis et se vide par mes larmes et mes rires. Je me roule par terre, je fais la fête, je fais l’amour. Les étoiles cette nuit là, plus belles que l’imagination sait faire. Je suis sereine, apaisée, je vais me coucher.

 

J’ouvre les yeux. Nous sommes le 10 octobre. Je regarde ma main et j’appuie sur mon doigt. Je distingue parfaitement les capillaires se comprimer, rendant le bout de mon doigt un peu blanc, et se remplir à nouveau, rosissant la chair comme une avalanche de sang microscopique sous ma peau.
Je m’étire dans le jardin qui semble être fait en plastique. Ma souplesse est sans pareil, je me plie comme un marshmallow à côté d’une plante et je l’écoute respirer. J’écoute la musique de l’appartement et regarde pour la première fois ma famille comme étant ma famille. Je ne pleure plus depuis longtemps, j’ai juste un sourire serein. Demain tout sera facile.

 

J’ouvre les yeux. J’ai tellement pleuré. J’ai tellement eu mal. Nous sommes le 9 novembre et les dernières 72 heures sont tâchées dans ma mémoire comme un tourbillon noir, un vortex de douleur qui m’a torturé sans répit. La douleur quitte mon corps par des derniers spasmes et sanglots. Lucy purifie mon âme, digère des semaines d’émotions. Je me sens enfin apaisée. Je repense à la dernière fois que je me suis sentie en paix. C’était il y a longtemps. Ma famille me parle, me dit des mots d’espoir. Je l’écoute. Je me rappelle que je suis malade. Mais oui c’est vrai, malade. Je peux m’en sortir, je vais m’en sortir, j’ai tout pour réussir. Je ferme les yeux.

 

J’ouvre les yeux. Je vois mal mais je me sens mieux. Je suis sur un banc. Le décors indique que c’est noël. Les gens marchent dans la rue. Il y a des palmiers. Des palmiers à Noël ? La couleur du ciel indique que c’est la nuit. Nous sommes au restaurant, une guirlande flashy au dessus de nos têtes. Je pense à Lost in Translation. Je vois les gens non pas comme des figurants, mais comme les acteurs principaux de leurs propres films. Les gens ne me veulent pas de mal. Je comprend ça.

 

J’ouvre les yeux. Je regarde le calendrier. 4 janvier. J’essaye de me rappeler la dernière fois que je les ai eu aussi ouverts. J’ai essayé trois semaines plus tôt sans grand succès. Une fois de plus les émotions se lavent sur moi. La peur, la colère, la haine, le désespoir, la joie, l’amour. Je vois l’amour qui me submerge encore une fois. La dose est plus forte. Je pense a ma famille comme souvent et je me sens un peu seule, mais surtout amoureuse. J’ai eu mal a nouveau. Beaucoup, et longtemps. Il faut que ca cesse. Je n’en peux plus d’avoir mal. Demain j’irai bien, demain j’irai mieux. Ce soir je me couche apaisée en regardant les étoiles de mon plafond. Demain, je demande de l’aide.

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Un commentaire sur “Lucy

  1. J’aime bien ton texte et ton style d’écriture, je trouve ça agréable à lire 🙂
    Sinon, je t’envoie plein de réconfort dans ta vie et espère que tu arriveras à retrouver plus souvent cette joie de vivre ❤

    J'aime

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