Expecto patronum

Parfois dans la vie, on se retrouve dans une situation où les seuls mots qui nous viennent sont « Je t’aime. »
Ça m’est arrivé plusieurs fois, notamment quand S. était en voyage et que le nombre de messages qu’il envoyait était très limité à cause d’une mauvaise réception ou d’un manque de temps. Moins on avait de temps pour se parler et plus la conversation tournait autours du monomaniaque « Je t’aime. » « Je t’aime fort. » « Tu me manques. » « Fort. » « Toi aussi. »
Prononcer ces mots avec les larmes coulent, le cœur qui remonte comme une boule dans la gorge, prêt à s’envoler. Pour finir en se sentant plus léger, voir vide, et la peau des joues qui tire un peu à cause du sel.

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  C’est aussi les mots qui viennent quand on se retrouve après. Quand la distance, ou la peur de se perdre nous ont séparé. Quand on se réveille l’un à côté de l’autre et qu’on en veut presque au sommeil de nous  avoir pris ces quelques heures ensemble.

Ces trois mots qui apaisent le feu dans la gorge mais qui ne soulagent jamais assez. Ces mots qui exigent d’être répétés et réentendus. Alors on se le dit de plein de façons différentes. « Jtm. » « Je Tim Riddle. » « Fort joli. »
On se rappelle du tout premier « je t’aiiiiimeuuuuh!! » écrit sous MD, et de celui prononcé du bout des lèvres en sortant d’un service de la Pitié.
Cette petite phrase qui sauve la vie quand tout le reste a foutu le camp. Dans toutes les langues, et même sans les mots. Avec les yeux et la peau, on se le fait sentir, on recommence.

Lors des pires jours, se rappeler des « Je t’aime. » qu’on stocke autant que possible dans sa mémoire. On aimerait tous les garder, et on les invoque pour conjurer une petite boule de lumière qui nous protège des détraqueurs, de cette dépression qui tente d’aspirer nos âmes. Et comme pour Sirius quand il était à Azkaban, je réalise que la dépression ne pourra pas me posséder et me détruire complètement tant que mon âme sera protégée par cette pensée qui est plus qu’un souvenir heureux, mais une obsession.

Des fois c’est tellement fort que je pense que ce sera le dernier. Le buvard, les fractales, le cerveau qui se noie dans une nébuleuse sensorielle, et les cœurs qui explosent quand on jouit les yeux dans les yeux en disant

  « Redis moi que tu m’aimes. »

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