Pharmaciens VS Leclerc

Aujourd’hui j’ai envie de parler du monopole pharmaceutique. Ceux qui me suivent sur Twitter le savent, je me sens un peu border line par rapport à la pharma, je suis en 6ème année et j’achève mes études non sans amertume car je ne me retrouve dans aucun des projets professionnels qui me sont destinés.

Quand j’ai commencé ma formation en 2007, on entendait parler du méchant M. Leclerc qui voulait vendre des médicaments sans ordonnances dans ses supermarchés (les médicaments conseils, ou OTC = Over the counter). M. Leclerc me faisait rien d’autre que sortir des campagnes de pub à la télé ou on voyait Madame D s’occuper de ses finances et regrettant ne pouvoir acheter des médicaments dans sa grande surface préférée.

(c’est vrai qu’elle est tête à claque cette pub)
Je n’ai jamais vraiment senti Leclerc comme une menace pour les pharmaciens à cette époque, car un spot de pub ne vaut pas grand-chose face au lobbying pharmaceutique et au syndicat des pharmaciens qui défendent bec et ongles leur monopole. Cela dit, à la fac, on voyait déjà fleurir des affiches dans les couloirs qui disaient « Non Monsieur Leclerc, les médicaments ne sont pas du PQ ». On avait tendance à vouloir nous faire croire que vente d’OTC chez Leclerc = Danger pour les patients, mais nous verrons que c’est loin d’être aussi caricatural. Nous avions aussi eu droit à une visite des carabins de la rue de l’école de médecine, tout enfaluchés, qui venaient se moquer de nous, les « épiciers ».

Les profs quand à eux, nous servaient un discours sensé nous brosser dans le sens du poil et nous motiver. En deuxième année, après avoir eu le concours, la doyenne a fait un discours à base de « Bravo, vous êtes l’élite de la nation. », d’autres profs commençaient leurs cours en parlant de la pharmacie comme étant « l’exercice d’un art ».
En cours de commentaires d’ordo, on a souvent entendu les profs dire « Vous avez le devoir de donner des conseils aux patients, c’est ce qui vous différencie du rayonniste de Franprix. »

J’écoutais tout ça sans trop savoir quoi en penser. D’un côté le discours ultra lubrifiant des profs, d’autre part quand je parlais à des gens en dehors du monde de la pharmacie, la conversation se déroulait souvent de la même manière « Tu fais pharma ? C’est en combien de temps ? SIX ANS ? Mais c’est énorme pour vendre des boîtes ! ». J’ai entendu cette phrase un nombre immesurable de fois, et au début ça me vexait. Je répondais souvent « Ben ouais les études sont longues mais faut bien justifier notre monopole. » Je croyais à l’époque en ces valeurs méritocrates qui sont l’une des bases les plus importantes du monopole.

Une belle faluche

Le Monopole Pharmaceutique et le Mérite:

Reprenons concrètement, déjà, il faut définir le terme de « monopole pharmaceutique », afin qu’on sache de quoi on parle.
« Le monopole est le privilège qui accorde à une entreprise ou un individu l’exclusivité pour fabriquer ou vendre un produit ou pour exploiter certains services.

Le monopole pharmaceutique garantit l’exclusivité des activités et des marchandises que peut vendre le pharmacien. »

Qu’est ce qui justifie à l’heure actuelle notre monopole ?

En cours de droit on a vu en 5ème année qu’il était justifié par :
– Un monopole de formation. Seules les facultés de pharmacie délivrent des diplômes d’état de docteur en pharmacie garantissant la connaissance et le savoir faire des praticiens par rapport aux traitements (voies d’administrations, posologies, indications, interactions médicamenteuses etc)

– Engagement à risque personnel de sa responsabilité. Le pharmacien est le dernier rempart permettant de repérer une éventuelle erreur de prescription d’un médecin, et d’assurer la sécurité du malade, y compris après que le traitement ai commencé. En cas de problème grave, le pharmacien est responsable d’un point de vue pénal.

– Les médicaments ne sont pas des produits de consommation anodins. Ils ont une certaine toxicité et nécessitent un conditionnement particulier, ainsi que des conseils lors de leur dispensation.

– Qualité du conseil pharmaceutique. Permettant au patient de suivre son traitement dans les meilleures conditions.

Ce sont des justifications très nobles. Néanmoins on verra qu’il n’est pas impossible d’ouvrir le monopole sans violer ces principes.

J’ai envie avant ça de revenir un instant sur le mérite de notre monopole. Parce que 6 ans d’études. OK mais pourquoi 6 ans ? Lors de ma première année, avant de passer le concours, nous avons fait beaucoup de sciences fondamentales. Des maths à un niveau assez avancé, de la chimie organique, de la chimie physique et quantique. Nous avons appris par cœur la systématique végétale et animale, et mycologique, ce qui me donnait l’impression d’apprendre l’annuaire, on a fait de la génétique, de l’anatomie. Et même si étudier tout ça était intéressant et nous donnait des outils pour aborder la suite de nos études (de la même façon que pour apprendre la musique, il faut commencer par le solfège), je ne peux m’empêcher de me dire qu’apprendre à placer des électrons dans des orbitales atomiques, et apprendre par cœur le tableau de classification périodique des éléments de Mendeleïev ne m’a servit à rien pour la suite de mon apprentissage. Le but de la première année de fac est de sélectionner les étudiants.

Malheureusement on ne sélectionne pas les étudiants les plus empathiques ou passionnés par la pharmacie. On sélectionne les enfants issus des milieux les plus favorisés. L’élite de la nation n’est malheureusement pas composée de beaucoup de pécores et autres fils d’ouvriers. Pour réussir ce concours, sans être passé par un bac S, sans être inscrit à une prépa privée qui nous fait travailler dans un cadre rassurant, et sans habiter près de la fac (cad habiter dans Paris ou en proche banlieue, ce qui n’est pas donné à tout le monde), c’est quasiment mission impossible. Certains y arrivent, mais force est de constater que les futurs pharmaciens sont souvent fils et filles de médecins ou de pharmaciens. Je me demande si j’ai du mérite à avoir passé le concours, alors que mon privilège d’avoir des parents riches m’a permis d’avoir une prépa à plusieurs milliers d’euros l’année, et un studio à 30min de la fac (du temps de gagner pour réviser par rapport à ceux qui faisaient 2h de transports par jour).
Même une fois avoir passé le concours, il faut tenir encore 5 ans, et c’est loin d’être gagné et donné à tout le monde d’arriver au bout sans aide des parents. J’ai redoublé 2 fois personnellement, ce qui est le cas de beaucoup de mes confrères et consœurs. J’ai 25 ans et sans des parents pour m’aider j’aurais du arrêter mes études depuis longtemps. A 25 ans beaucoup ont une vie, un appartement à payer, des impôts et parfois un enfant à charge. Comment concilier tout ça avec des études aussi prenantes que pharma ? C’est impossible, on met notre vie entre parenthèses en attendant.
On comprend mieux qu’après avoir dépensé tant de thunes, les pharmaciens voient d’un mauvais œil que le « rayonniste de franprix » qui n’a même pas son bac puisse avoir le droit de vendre de l’aspirine.
Le monopole est un privilège de classe que nous cherchons à défendre. J’en ai assez de voir les pharmaciens tenir le discours de la sécurité des patients quand il s’agit surtout de ça. Quand on demande aux pharmaciens d’ouvrir leur monopole, on leur demande d’abandonner une partie de leur privilège, et ça pique.

Il y a quelques semaines, on a eu le Salon de L’Officine à la fac, et j’ai assisté à une table ronde sur le débat du monopole. Autour de la table il y avait quatre pharmaciens (une pharmacienne en industrie, une pharmacienne qui exerce en province, deux pharmaciens parisiens, dont un qui est prof à la fac), et un représentant d’une association de consommateur, qui malgré son bagout était bien seul pour défendre ses arguments. J’ai regretté qu’il n’y ai eu aucune personne autour de la table qui soit simplement un patient ou une patiente lambda. Ils sont après tout les premiers concernés puisqu’il s’agit de leur santé, et ne même pas leur donner la parole me donne le goût amer que j’ai souvent quand je vois des professionnels de santés mépriser leur opinion et leur ressenti. (on l’a bien vu avec les réactions des professionnels qu’a suscité le hashtag #PayeTonUtérus : mépris, condescendance, déni du problème. Les patients sont infantilisés et c’est aux grandes personnes, les personnes en blouse blanche, de régler le problème entre elles.)

On a vu ce qui pousse les pharmaciens à défendre leur monopole. Mais en plus d’être professionnelle de santé, je suis aussi une patiente parfois, et une consommatrice souvent. De plus, mes parents en ayant marre de me soutenir financièrement, je galère de plus en plus avec mon pèze, et j’ai des intérêts à voir les médicaments en vente moins chers.

J’ai demandé sur les réseaux sociaux ce que les gens qui me suivaient pensaient du fait d’acheter des médicaments OTC dans une grande surface. Voici quelques réponses :

« Ce qui me fait peur c’est que les gens consomment trop et surtout mal des médicaments. Prendre un médicament n’est pas quelque chose d’anodin, on a un passif tout ça, du coup, j’ai peur que ça devienne un réflexe de consommation. « J’achète mes pâtes et mes suppositoires ». »

« Ca peut être pratique. Et tant qu’il y a un·e pharmacien·ne pour conseiller c’est bon. Niveau horaires par ex les grandes surfaces sont plus pratiques que les pharmacies. »

« Quand j’étais en Angleterre c’était franchement confortable parce que moins de jugement qu’en pharmacie et c’était aussi moins cher – ,50£ pour une boîte de paracétamol »

« Ah et j’ajoute que depuis deux ans j’achète les médocs de base (ibu, paracétamol, strepsils,…) dans une immense pharmacie-parapharmacie où ils sont en accès libre, et j’adore ne plus devoir demander! Perso, ça me soule +++ de devoir subir un interrogatoire (vous êtes enceinte? vous savez comment le prendre?) chaque fois que je vais acheter de l’ibuprofène »

« owi. Juste pour ne pas sentir le regard-screening quand tu demandes 2 tests de grossesse. »

« Au Canada c’est normal, et ya toujours un point pharmacie dans le Shop, du coup si besoin ya des pro dispo pour des conseils. »

« Oui, ça me plairait beaucoup pour des raisons égoïstes. J’achète tous les médicaments et produits sans ordonnance en pharmacie Lafayette pas chère, et même si elle n’est pas trop loin de chez moi je suis obligée de sortir spécifiquement à cet endroit. Comme mon supermarché est superpascher, ça me permettrait de faire tout en une sortie. Pareil pour les timbres. »

« Je suis pour pouvoir acheter n’importe quelle molécule dans n’importe quelle circonstance.»

« J’ai presque jamais eu de conseils en pharmacie… »

« On peut trouver 50 crèmes antirides en pharmacie, mais j’ai souvent besoin de faire commander un médicament qui m’est prescrit. »

On voit que les préoccupations premières des patients/consommateurs, en plus de l’aspect économique, est l’aspect pratique.

Un débat polarisé et non objectif

 

Allégorie d’un pharmacien défendant son monopole.

On défend notre monopole avec force, de peur de devoir partager le gâteau avec d’autres, mais on refuse d’être taxés d’épiciers, on met en avant la qualité de notre conseil pharmaceutique, mais les pharmaciens le savent bien, lorsque les patients arrivent par vagues, et aux heures de pointes, ou un jour de marché, et qu’on fait 30 ventes à l’heure, a-t-on vraiment le temps de conseiller chaque patient pour la moindre boite de paracétamol ? Lorsqu’un étudiant en pharmacie, ou un préparateur est au comptoir, garantit-il la sécurité de la personne en face de lui ? Et quand la pharmacie ne dispose pas d’espace de confidentialité approprié, comment s’assurer que le patient soit dans de bonnes dispositions pour répondre à des questions touchant parfois à l’intime ?

Et que se passerait-il si Leclerc avait le droit de vendre des médicaments ? Pourrait-on passer à la caisse avec nos pâtes et nos médicaments OTC ? Bien sur que non. Il existe déjà des espaces de parapharmacies dans des supermarchés, et ils sont séparés du reste, avec un pharmacien à la caisse. Un pharmacien diplômé qui sort des mêmes facs que les autres. Avec le même diplôme et les mêmes qualifications, et la même éthique professionnelle.
Lors de la table ronde, un des pharmaciens officinaux a dit « Mais les pharmaciens Leclerc seront écrasés par l’obligation de performance et de faire du chiffre. »
N’est ce pas déjà le cas chez les pharmacies franchisées que l’on voit fleurir partout dans nos villes depuis ces 10 dernières années ? Quand j’ai commencé mes études il y en avait très peu, mais aujourd’hui j’en vois partout. Et ils ont les mêmes attentes au niveau du chiffre que Leclerc aurait avec ses pharmaciens.

Ce qui me gonfle avec ce débat, c’est qu’on entend des arguments tantôts incohérents, tantôts carrément malhonnêtes, c’est une discussion polarisée et non objective qui se base juste sur des conflits d’intérêts financiers au lieu de se soucier de la santé des patients. La question qu’il faut se poser est : La pharmacie est elle un centre se services ou de profits ?

D’un point de vue éthique professionnelle, je pense qu’on a énormément à gagner au fait d’ouvrir le monopole pour les médicaments OTC.
Premièrement si des patients décident d’aller acheter leurs médicaments sans ordonnance dans une grande surface, ça fait possiblement moins de queue dans les officines, et la possibilité d’accueillir les patients d’une meilleure façon. Cela dit ce n’est pas parce qu’un médicament n’est pas prescrit qu’il ne rentre pas dans une logique de soin, et les patients sont conscients de ça. En Italie, ou le marché est ouvert aux grandes surfaces, 80% des médicaments OTC sont vendus en officine. Les gens sont avides du conseil pharmaceutique et ne consomment pas les médicaments comme des bonbons. Ils achètent ces produits pour se soigner. Et pour les personnes les plus modestes, acheter un tube de Bépanthène à 4 euros dans une grande surface, contre 8 euros dans une pharmacie est une très bonne nouvelle.

Deuxièmement la pharmacie est plus qu’un commerce, car les pharmaciens ont une relation particulière avec leurs clients. Il les suivent parfois depuis des années. C’est plus vrai en province que dans les pharmacies parisiennes, mais c’est un aspect important à ne pas oublier, et si le pharmacien tient à ça, il faut savoir que le patient aussi. En travaillant dans des pharmacies parisiennes j’ai souvent entendu de la part de mes chefs « Le client de pharmacie n’est pas fidèle. » et en effet c’est assez vrai, moi-même je ne vais jamais dans la même pharmacie pour acheter mes médicaments, qu’ils soient sur ordonnance ou non. Cela dit ce modèle métropolitain ne doit pas masquer la réalité de ce que sont les pharmacies de provinces, qui bénéficient d’une autre qualité.
Une étudiante et fille de pharmacien qui vivait à Caen me racontait que la relation entre la pharmacie et les gens était très différente hors de Paris. Je ne pense pas que Leclerc puisse changer quoi que ce soit à cette situation.

Vers des nouvelles missions du pharmacien :

 

Je suis assez contente de voir que pendant mes dernières années d’études plutôt que de continuer à entendre les étudiants et les pharmaciens râler contre Leclerc, j’ai assisté à une remise en question du rôle du Pharmacien et de la Pharmacienne en tant que professionnels de santé.
Notamment avec les projets d’éducation thérapeutique du patient qui visent à rendre le patient acteur de sa santé et non pas consommateur passif de médicaments/consultations médicales.

Il n’est pas improbable que notre système de rémunération se fasse à l’avenir avec des honoraires qui permettraient de sécuriser 80% de nos revenus. Nous allons être attendus sur les services que nous pourrons donner aux gens. Et il n’est pas question de laisser tomber les personnes qui décident d’acheter leurs médicaments ailleurs que dans nos officines. Ce n’est pas parce qu’un patient as du mal à répondre à des questions au comptoir et préfère gagner du temps et de l’argent qu’il faut le mépriser et lui refuser tout conseil.

Lors de mes révisions de partielles, pour m’exercer au conseil de médication officinale, j’ai ouvert un compte Ask où je proposais les gens à me poser des questions de façon anonyme et gratuite par rapport à leurs traitements, à leur santé. Ca a été très bien reçu, et je suis sure que si les pharmacies offraient des services de ce genre, ça contribuerait à améliorer l’image des pharmaciens et donnerait une valeur ajouté à ce métier.

Je ne sais toujours pas comment je vois mon avenir dans ce milieu, en tout cas je ne suis pas inquiète pour la profession. Je ne pense pas que l’ouverture du monopole soit une menace pour la pharmacie, je pense que c’est surtout la compétitivité capitaliste. Tant qu’on cherchera le profit avant tout avant de se préoccuper de l’accueil des patients, on restera dans une impasse. Que Leclerc entre dans la partie ou pas.

YOLO on verra bien.

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12 commentaires sur “Pharmaciens VS Leclerc

  1. Je suis globalement assez d’accord mais en tant qu’étudiant venant d’une zone rurale tu as oublié un détail assez important : les fermetures des pharmacies dans ces milieux. La plupart des pharmacies rurales vivotent à cause du prêt faramineux du titulaire qui a du racheter la pharmacie et de la baisse constante de consommation de médicaments (ce qui est une bonne chose hein, on bouffe sans doute trop de médicaments mais bref)

    Et j’ai vu de mes yeux de nombreuses pharmacies fermer suite à des problèmes financiers. Et malheureusement j’ai peur qu’on se retrouve avec les mêmes problèmes que les commerces de proximité dans les villages : tout le monde fait 20-25km pour aller faire ses courses à carrefour et ils ferment.

    La solution annexe serait que les anciens pharmaciens arrêtent de vendre leurs pharmacies à des prix énormes mais.. Haha.

    Et on risque de se retrouver avec de gros trous dans le maillage pharmaceutique français. En plus d’une augmentation du chômage en pharmacie (qui comme par hasard est deux fois plus important en milieu rural)

    Voilà voilà, sinon article intéressant, j’espère rapidement voir des nouvelles méthodes de rémunération du pharmacien en espérant que ça soulage le problème des pharmacies rurales. Personnellement je serais pour un système de rémunération par capitation avec des pharmaciens fonctionnaires mais je pense que je fantasme xD

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton commentaire! J’aimerais voir un système de rémunération plus « socialiste » et moins libéraliste mais en effet ca semble un peu utopique vu le climat politique actuel. On verra. Mais si on veut revendiquer un métier noble qui fait vraiment la différence dans la vie des gens, c’est vers ca qu’on devrait se pencher.

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  2. J’ai beaucoup échangé avec une pharmacienne américaine qui exerçait dans l’officine d’un Walmart (c’est à dire la pharmacie qui vendait les médicaments sur ordonnance et non les médicaments OTC qui eux étaient en libre service). Elle était cependant employée par Walmart et même si l’officine fermait certaines heures de la nuit (oui les grands Walmart sont souvent 24/24, elle bénéficiait d’un contrat qui était le même que ceux des autres employés de la grande distribution avec certes un salaire plus élevé (mais je ne pense pas dans les proportions qu’on imagine en France.
    Et les bénéfices d’un contrat chez Walmart sont faibles.
    Mais toute lutte qui cherche à préserver ses privilèges en admettant la domination des autres est une lutte réac et nocive.

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  3. Le prix plus bas des médicaments en supermarché est un leurre.
    Actuellement, tout ce que vend Leclerc en parapharmacie est plus cher que dans une pharmacie classique.
    La différence avec 3 exemple (paracétamol, bepentène…) n’est pas valable tant qu’on ne pourra pas les comparer réellement.
    De plus, les tarifs des boites sous prescription ne sont pas du choix du pharmacien, donc Leclerc ne les vendra pas moins cher.

    Bref, l’idée que ce sera moins cher, j’insiste, est un argument qui ne doit pas être pris en compte.

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  4. Votre vision est dogmatique et très erronée je trouve. Je respecte vos arguments mais de là à dire que seuls des fils de pharmacien y arrivent, je suis la preuve vivante que non. Mes parents ne sont pas pharmaciens, ils ne m’aident pas et c’est seul que je subviens à mes besoins. Ce n’est pas facile tous les jours mais je me bats. Je ne suis pas officinal mais industriel (6eme annee et master 2)et votre vision m’inquiète car d après vos dires, j’ai été formé dans la même université que vous et je n en ai pas le même ressenti. En France, il est choquant d exercer un metier qui permet de bien gagner sa vie et il suffit de voir les journaux ou jt pour s’ en rendre compte. Tous les pharmaciens ne sont pas parfaits mais si vous avez cette vision pessimiste et ne voulant pas prodiguer de conseil parce que cela soule un consommateur, vous n’avez rien à faire en exerçant en tant que pharmacien. A peine avez-vous commencé le metier que vous le fracassez. Honteux selon moi. Et aussi pour les prix, je vous recommande de comparer l Italie où la grande surface peit vendre des médicaments. Les prix sont 3x plus chers que nous. Regardez les tests de grossesse, les soi disant 1 euro sont faux et du même ordre qu’en officine. Une dernière chose, si leclerc vend des médicaments otc ou y parvient, il sera soumis à des règles de publicité car les pharamcies d’officine n ont pas le droit de faire de la publicité donc s il le fait, cela ne durera pas. Une dernière chose, critiquer son metier est noble quand on apporte des solutions et vous avez l air d en proposer pour l éducation thérapeutique mais vous devez respecter votre profession. Et pour les matières de par coeur, vous verrez que ça vous servira plus que vous le pensez.
    Bien à vous

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    1. J’ai l’impression en lisant votre commentaire, que vous avez lu mon article en diagonale. Vous me faites beaucoup de procès d’intentions. je n’ai pas dit que seuls les fils de pharmaciens y arrivaient. Et si vous avez tenu bon en pharma sans venir d’une catégorie sociale privilégiée, je vous tire mon chapeau, vous êtes une exception.
      Je ne crache pas sur le fait que les pharmaciens gagnent bien leur vie. Si je persiste dans ces études c’est d’ailleurs pour pouvoir vivre plus confortablement que si j’abandonnais maintenant pour être payée au smic dans un job lambda.
      J’ai en effet une vision assez négative du monde de la pharmacie à l’heure actuelle, mais je suis très optimiste pour l’avenir. Pour moi, que le monopole s’ouvre ou non, la pharmacie va évoluer vers une approche plus éthique qui se tourne vers le service et non le profit. C’est en tout cas comme ca que j’aimerais exercer si je continue ce métier.

      Pour ce qui est des prix en grande surface, en effet on cours le risque que Leclerc se foute de notre gueule et propose des prix plus forts qu’en pharmacie. Mais personne n’obligera les gens à aller chez leclerc plutot que dans une officine.

      Enfin, le « vous devez respecter votre profession. », non. Je ne dois rien à ma profession. Je dois quelque chose aux gens, et je respecte les gens.

      Je suis navrée mais j’ai l’impression que vous êtes passé à côté de mon propos, cependant je vous remercie de votre commentaire.

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      1. Ce n’est en aucun cas un procès d’intention et je ne permettrai pas de vous en faire un. Je vous donne mon ressenti sur les points que vous développez. Je ne pense pas être passé à coté de vos propos bien au contraire. Mon but est de vous faire réagir et de ne pas vous laisser intimider ou rester dans votre crainte de devenir pharmacien à l’heure actuelle. Je maintiens le respect que vous devez à la profession, je vous rappelle qu’à votre thèse lorsque vous deviendrez docteur en Pharmacie, vous prêterez serment et devrez respect à notre métier, peu importe la filière d’ailleurs. Ce n’est en aucun cas péjoratif ou une attaque contre vous mais vous devez être fière de faire ce métier. Par contre, vous avez raison, le métier de pharmacien d’officine doit changer. Mais, lorsque vous dites que vous ne vous inquiétez pas pour une éventuelle ouverture du monopole, les gens courront chez leclerc car campagne du moins cher fonctionnera chez les gens qui ont du mal à finir leurs moi et même d’autres. La santé n’obéit pas aux lois de l’offre et la demande, mais dans le domaine de l’otc, la grande distribution fidélisera ses clients sans problèmes à l’aide de prix alléchants en otc + parapharmacie. Eux, ont le droit de faire de la publicité hors magasins, les officines non pour l’instant. C’est l’argument du prix qui fait la loi dans ce cas. Par contre, Leclerc n’oblige pas les gens à aller dans ses para, il le fait déja à l’aide d’offres allechantes et légales d’ailleurs. Il suffira d’ajouter le doliprane et ce sera la jackpot. Les français considèrent l’otc comme des pommes de terre avec une quantité incalculable de mésusage. Autre anecdote, rendez vous sur le site doctipharma, filiale de Lagardère qui se permet de vendre sur internet du codoliprane(normalement sur prescriprion) et vous verrez que finalement, il y a certains confrères qui devraient se retirer du métier. Je précise que ce site est agrée par l’ARS et l’ANSM. J’en ai commandé 2 boites, pas de problèmes, j’ai eu mon colis en 3 jours dans ma boite aux lettres…je réponds aux arguments de l’officine au même titre que ceux que je défends pour l’industrie donc il ne faut pas mal le prendre quand je vous dis certaines choses mais il faut être fier de votre métier d’officine.

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  5. J’ai intégralement lu votre propos mais je partage l’analyse le Mickey et de Jean qui, de toute évidence, bénéficient de plus d’expérience …ce qui n’est en rien une critique de votre réflexion, plus dictée par le lavage de cerveau médiatique et la pression du lobby de la grande distribution, mais comment rester neutre face à ce rouleau compresseur. Pour moi vous êtes perdue à notre noble métier que l’on peut exercer déjà aujourd’hui au quotidien, avec passion, dans une officine ou ailleurs. La pharmacie est un gros marché et ce sont ces millions qui attirent la convoitise de la grande distribution. Tout argument avancé n’est que fallacieux et ne devrait pas vous tromper sauf à parler en méconnaissance de cause. Le quotidien de l’officinal est depuis quelques années toujours » délivrer plus pour gagner moins », être plus productif, travailler avec un effectif moindre et donc passer moins de temps avec le patient. C’est la dure mais triste réalité. Libéraliser le marché ne fera qu’amplifier le phénomène, et c’est triste que vous n’en ayez pas conscience. Notre Formation est comme bien d’autres une formation pour apprendre à apprendre et apprendre à s’adapter, et c’est une formidable formation, éloignée de la réalité du quotidien de l’officinal certes, mais l’intérêt de notre diplôme est son unicité, pouvoir exercer plusieurs métiers en une vie professionnelle… Limiter sa pensée à officine versus Leclerc est très très réductrice et je vous engage à travailler au sein des différents métiers qui vous sont offerts depuis le début de votre formation, ne serait-ce que deux mois d’été tous les ans, et là votre propos sera plus éclairé. A défaut prenez le temps d’échanger avec les professionnels en exercice depuis un certain nombre d’années et là vous verrez votre réflexion éclairée par du vécu, du concret de la réalité…. La vérité c’est que nous avons payé trop cher pendant trente ans les médicaments, pour enrichir les politiques, les laboratoires, les lobbys, mais maintenant l’objectif est de réduire au maximum les coûts au détriment de la qualité, de la santé des patients, au détriment de notre savoir faire industriel européen, car le coût minimum est plus loin que l’Europe de l’Est… tout là bas où on a externalisé notre industrie chimique trop polluante et trop coûteuse pour rester sous nos fenêtres. D’autre part cette chère union européenne nous interdit de privilégier notre industrie….. et cela c’est bien avant que le traité transatlantique aboutisse….L’avenir de l’Europe est immanquablement à la décroissance et l’avenir d’une grande majorité des européens est hors de ses frontières, ainsi en veut l’inéluctable mondialisation il faudra vous y faire. L’important pour vous est plus la maîtrise des langues étrangères, et non dans la parfaite connaissance de vos boites dont nous ne sommes même plus capables de connaitre la provenance exacte comme le veut la législation. La traçabilité de la viande de bœuf étant meilleure que celle de nos médicaments…. c’est la réalité ne vous en déplaise, et vous m’en voyez désolé !

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  6. Ouh la la, voilà une jeune génération qui n’a pas encore pleinement conscience de son métier!! La réalité est loin, très loin de tous vos petits arguments . J’espère que votre arrivée dans le monde du travail vous ouvrira les yeux sur toutes les facettes que vous avez ignorées sur le pharmacien-professionnel , le patient-consommateur et le médicament-effet secondaire-contre-indication.

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  7. Bonjour, j’ai lu votre article et les commentaires qui suivent et je suis assez d’accord avec vous. Concernant l’origine des étudiants en pharmacie, même si une majorité vient de milieux favorisés, les études restent accessible à tous. Après quelques années en officine,lorsque que je regarde les amis qui se sont intallés: deux avaient un proche (une mère, un frère) qui possédaient un officine et un autre venait d’un famille riche.
    Concernant le choix de filière les étudiants de milieux favorisés arrivent généralement avec un plan de carrière et des stages alors que les autres se renseignaient, par exemple, pour connaitre a différence entre le contrôle et l’assurance qualité, c’était donc bien plus compliqué pour ces derniers.

    Sur le monopole, difficile d’être objectif quand on évolue dans le milieu, mais les arguments s’appuyant sur l’indépendance du pharmacien ne tiennent pas, en tant qu’adjoint par exemple proposer régulièrement une autre marque de générique que celle référencée par la pharmaciee vous vaudra des problèmes, dans un autre registre refuser de vendre de l’oscillo à des patients qui n’ont rien vous sera vite reproché et ce d’autant plus que les préparateurs de l’officine le feront sans états d’âme.
    D’ailleurs, comment justifier un monopole si des préparateurs peuvent effectuer les même tâches le plus souvent sans aucun contrôle : cela n’a pas de sens. A mon avis le seul monopole à préserver est celui de l’acte pharmaceutique réservé aux pharmaciens.

    Enfin, concernant la grande distribution leur méthodes seront probablement aussi mauvaises voir pire que celles de certaines enseignes/groupements qui officient actuellement, avec vraisemblablement des salaires plus bas que ceux garanti par la convention collective ( le chômage actuel aidant)
    Et pour finir sur Leclerc il semble qu’il pourra dès 2015 travailler avec des pharmaciens pour vendre des médicaments sur internet, ainsi ceux qui criaient au loup vont peut être finir par s’ associer avec lui et ceci et n’augure rien de bon pour l’avenir, car en cas d’ouverture du capital des pharmacies, certains seront certainement très content de lui revendre leur boutique.

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