Les VéganesTM, ces antispécistes qui nous les brisent.

Je suis gavée, j’en ai marre. Je suis végane depuis bientôt 3 ans, et je crois en ce mouvement. Je voudrais montrer à tout le monde que les intérêts des animaux sont important, et qu’il est facile de vivre en minimisant leurs souffrances. J’aimerais beaucoup, et souvent je vois des antispés partager des articles qui utilisent des arguments racistes pour défendre les leurs, je vois la Polisse Végane insulter un militant pour une histoire de cape en laine avec des insultes homophobes, et de la toxicophobie… Et je me demande comment je peux arriver à défendre un mouvement aussi noble soit il, mais qui porte une argumentation aussi contradictoire et incohérente que celle qu’on voit le plus. Navrée de vous servir un délicieux Dessert Tacause, mais il est temps de mettre les points sur les ‘i’s.

L’intersectionalité c’est pas pour les chiens:

C'est pas pour toi

C’est pas pour toi

^Ceci est un exemple acceptable d’utilisation ironique d’une expression spéciste utilisée dans un contexte péjoratif. En revèche, « Oui Christiane Taubira est un singe, et moi aussi« , ne l’est pas. Cette phrase racoleuse qui fait penser à une bande annonce d’Enquête Exclusive, est le titre d’un article écrit par Dominic Hofbauer, co rédacteur des Cahiers Antispécistes, dans son article, Hofbauer défend la thèse que d’un point de vue Antispéciste, comme on considère les animaux comme nos égaux, en ce qui concerne le respect qu’on leur donne, il est illogique d’insulter quelqu’un en le comparant à un animal. OK, soit. Simplement, utiliser une insulte raciste pour défendre une cause antispéciste est complètement inconsidéré. Et s’il ne s’agissait que d’une maladresse, on aurait pu penser que lorsque des militantes antiracistes étaient venues expliquer au mec en quoi c’était problématique, il aurait répondu autre chose que « Vous m’avez mal comprises. Avez vous seulement lu l’article? » Et pourtant c’est ce qu’on répondu, non seulement lui, mais d’autres militants antispécistes (pour le respect on repassera).

Faire complètement abstraction de la parole de ces militantes, en présentant des fausses excuses (« Désolé que vous n’ayez pas compris »), est lamentable. Je peux à un certain degré comprendre que l’auteur – qui est blanc – ne voit pas qu’une telle insulte ne peut pas être manipulée pour son intérêt, car elle s’inscrit dans l’histoire d’une oppression où les noirs ont pendant longtemps été considérés comme le chainon manquant entre les singes et les blancs. Leurs statut d’humain était nié, et à lire des militant-es antiracistes, on voit qu’il y a encore du pain sur la planche. Je peux comprendre qu’il n’ait pas vu cela, moi même, du fait de mon privilège blanc, je ne l’ai vu qu’en écoutant des militantes antiracistes en parler. Les systèmes d’oppressions ont ceci de vicelard qu’ils sont invisibles pour les privilégiés. Alors pourquoi quand ces personnes sont venues patiemment expliquer leurs argument à cet auteur, ont elles été prises de haut? Pourquoi un tel manque d’écoute, venant de militants se revendiquant empathiques?

A t’on besoin de ces arguments pour montrer que le spécisme ça craint? Où cherchons-nous simplement à faire du clic en utilisant un fait d’actualité polémique?

Dans la même veine, je me pose des questions sur la comparaison de l’utilisation des animaux, notamment dans l’élevage, avec l’esclavage des noirs. Ou encore la comparaison entre l’abatage des animaux et les camps d’extermination nazis. Instrumentaliser la souffrance et les émotions des victimes de ces périodes de l’histoire me semble violent. Je ne suis pas la mieux placée pour en parler, n’étant moi même pas noire ou juive, et comme je n’ai pas fait ma réflexion jusqu’au bout, dans le doute j’éviterai de faire ce genre de comparaison, ou d’utiliser le terme « génocide » pour parler du massacre des animaux d’élevage. Trouvons un autre terme, inventons en un si nécessaire.

Encore une fois, une vidéo d’abatage des animaux est suffisamment choquante pour qu’on éprouve de l’empathie pour les victimes animales, sans avoir besoin d’en rajouter une couche.

Il y a quelques jours, j’ai pu voir sur le flux Facebook d’un contact antispé le partage d’une vidéo qui montrait un abatage rituel hallal. On pourrait se poser la question de la nécessité de partager une telle vidéo. Les abatages laïques ne sont ils pas suffisamment gore? Pourquoi surenchérir? « Pour savoir. » Pour savoir quoi? Que les musulmans font pire? Quel intérêt, si l’on prend le risque de créer une réaction islamophobe ? Et en effet, sous la vidéo j’ai pu lire des commentaires du style « Putain de Barbares », ou « Quelle horreur! une amie musulman m’a dis que c’était mieux que les animaux soient tués ainsi car ils ne souffraient pas….elle ne veut pas voir car pour elle la religion est plus importante ». Heureusement, la personne ayant partagé la vidéo a désamorcé la situation.

Un qui remonte le niveau

Les VéganesTM et le sexisme

Peta, des bons VégéTM

Peta, des bons VégéTM

Quand les VéganesTM sont lassés d’utiliser des arguments racistes, ils aiment bien verser dans l’instrumentalisation du sexisme. Ainsi, on entend régulièrement des militants comparer l’insémination des vaches laitières à des viols. Je vais m’arrêter là dessus un instant.

Le viol n’est pas simplement une pénétration non consentie. Le viol s’inscrit dans un contexte social qu’on appelle la Culture du Viol, qui objectise le corps des femmes, nie leur sexualité et leurs désirs, et utilise la peur de la violation de leur intimité comme outil de domination et de contrôle. Si on a peur le soir, qu’on hésite à mettre une jupe, c’est à cause de la culture du viol. Le viol nous est enseigné comme étant une épée de Damoclès pouvant nous tomber dessus à chaque instant si on ne se conforme pas à certaines règles. Les vaches laitières, elles, ne sont pas dans ce contexte social. Et considérer qu’une vache inséminée ressente la même humiliation qu’une femme violée est de l’anthropomorphisme, ni plus ni moins. Utiliser cela comme argument, c’est instrumentaliser la peur et la souffrance des femmes qu’elles soient des survivantes ou non.

Et à nouveau, je me répète ça devient chiant, quand on voit des images de ce qu’il se passe dans une exploitation laitière, a t’on vraiment besoin d’en rajouter une couche en prenant le risque de causer de la douleur?

L’autre jour, j’ai vu des gens de la police végane comparer le fait de consommer des produits carnistes au fait de violer ou de frapper une femme. C’est insupportable. Pour les mêmes raisons que précédemment, ce n’est pas comparable. Je comprends la comparaison, okay? Je comprends. Utiliser le corps de quelqu’un pour son plaisir égoïste sans prendre en compte le consentement et le ressenti de la victime. Okay. Mais ça s’arrête là. Du point de vue d’un carniste (et rappelons nous que nous avons TOUS été élevée dans une société carniste, et ces automatismes sont dur à déconstruire), consommer du fromage ou porter de la laine est aussi banal que de manger une pomme ou porter du coton, et sachant cela, je pense à la douleur pour une victime de viol ou de violence conjugales de se faire entendre dire qu’elle ne vaut pas mieux que son agresseur. Les antispés, empathiques?

[TW viol] Faut dire, quand on voit que l’un des figures star du mouvement antispéciste dans le monde, j’ai nommé Gary Yourofsky, est l’auteur de torchons d’une virulence extrême dans lesquels ils dit qu’une femme portant de la fourrure mérite d’être violée, et qu’un homme portant du cuir mérite de subir un viol le traumatisant à vie (« Mais c’est pas sexiste, il le souhaite aux hommes aussi! » Non, on ne m’a pas vraiment dit ça, mais j’ai l’impression que c’est l’idée), quand on voit que sa parole est bue comme parole d’évangile, on se dit qu’il y a du boulot. [/TW viol]

D’autres manifestations de sexismes sont fréquentes dans le discours antispé, comme dans cet article de Végactu, disant que les bébés allaités sont plus intelligents que les autres, ce qui pue étrangement comme une injonction faite aux véganes d’allaiter leur bébé, le tout appuyé par une étude bancale. Un militant avait critiqué cette étude et s’était vu répondre « Toi tu n’as pas été allaité! » (Sous entendu, toi t’es con! C’est pour ça que tu n’es pas d’accord!)

Végactu et le professionnalisme

Végactu et le professionnalisme

Les alternatives pour nourrir son enfant sans allaiter sont peu nombreuses, et rarement véganes. De plus, les femmes disposent de peu d’information, et sont culpabilisées quoi qu’elles fassent. Se contenter de leur dire « Mais vous êtes FAITES POUR allaiter, c’est la natuuurhan, et si t’es pas d’accord t’es pas digne d’être végane. », c’est pas terrible, je pense qu’on peut faire mieux.

La Polisse Végane, cette gangrène militante

Il y a quelques jours la Police végane s’est attaquée à un militant antispéciste ayant confessé avoir acheté un vêtement contenant de la laine. Il a écrit depuis un article dénonçant ces comportements, et s’est pris une shitstorm dans la gueule, notamment sur son compte Ask, où de très courageux VéganesTM anonymes sont venu lui proférer des insultes toxicophobes, homophobes et j’en passe.

Contrairement au militantisme dont j’ai parlé plus haut, la polisse végane ne cherche pas à convaincre des carnistes de s’intéresser au mouvements, elle cherche plutôt à pointer du doigt qui est un bon ou un mauvais végane. A grand renfort de culpabilisation et d’insultes oppressives. La raison qui les pousse à faire ça me dépasse. J’aimerais croire qu’il ne s’agit pas simplement de vulgaires batailles d’égo qui détourneraient leur attention d’actions plus intéressantes, comme participer à des mouvements caritatifs, mais j’ai un doute.

Ils possèdent même un groupe facebook, dans lequel ils affichent les véganes hérétiques. Leur but? « Montrer du doigt les mauvais véganes ». Oui, nan mais pourquoi faire? « Pour les montrer du doigt. » Okay.

Je pourrais donner des tas d’autres exemples de problèmes à résoudre dans le mouvement antispéciste, mais je crois qu’on a compris l’idée. Ne pouvons-nous pas tâcher de faire mieux? Ne devons nous pas faire mieux? Ca me plairait beaucoup de retourner ma veste et de dire « Votre militantisme n’est pas le mien, je rends les armes », simplement je ne peux pas. Déraper arrive à tout le monde, ca m’est arrivé aussi, je ne jette pas la pierre à qui que ce soit. Alors secouons-nous et comportons nous comme les êtres géniaux que nous aspirons à devenir.

Pour aller plus loin:

En finir avec le mythe de la Pureté
Je suis un-e animal-e

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18 réflexions sur “Les VéganesTM, ces antispécistes qui nous les brisent.

  1. Il y a clairement « quelques petites choses » qui m’ont heurté dans cet article, je ne sais pas trop par quoi commencer, alors désolé par avance si c’est un peu en vrac.
    D’abord sur le viol. Sachant qu’il existe pour les chevaux de course une pratique qui consiste à attacher des pouliches très (trop) jeunes pour qu’elles se fasse saillir de force par un étalon, si on ne peut pas parler de viol parce que « ça fait trop anthropomorphique », on dit quoi? « saillie non consentie et violente »?
    Ensuite les camps d’extermination, les premiers à avoir fait la comparaison sont certaines victimes de la Shoah eux-même. Je vous invite à ce propos à la lecture du livre « Un éternel Tréblinka ». De plus, si vous avez un jour la possibilité d’aller devant Huntingdon Life Sciences, HLS, en Angleterre, le plus grand laboratoire de vivisection d’Europe, et que vous voyez les barbelés, le mirador (?), et ces immenses bâtiments ou des milliers d’animaux de toutes sortes attendent la torture et la mort, il vous sera sans doute difficile de ne pas penser au docteur Menguele, mais je suis sûre que dans votre volonté de ne pas s’abaisser à comparer les animaux aux humains, vous y arriverez sans doute. Pas moi, j’avoue. Je ne suis pas née antispéciste, mais c’est un fait que les premières victimes de l’oppression sont cette quantité, considérée comme négligeable, que sont les animaux.
    Je trouve que cet article est un peu fallacieux dans le sens où il mélange en vrac des questions complexes qui sont à la base de l’antispécisme, à savoir dans quelle mesure pouvons nous rapprocher l’humain des autres animaux dans notre discours et notre argumentation, et des exemples plus douteux. Par exemple il est évident que de très nombreuses voix s’élèvent contre les campagnes sexistes de Peta, en parler juste avant d’exposer la question du viol c’est préparer le lecteur à se révolter contre toute comparaison entre oppression spéciste et sexiste.
    Pour ce qui est de la « police » vegan, j’ai juste envie de dire ACAB 😉 . Plus sérieusement, je trouve ça dommageable ces histoires d’un côté comme de l’autre, et je ne souhaite pas m’en mêler, autant parce que je ne me considère pas comme une vegan assez parfaite pour pouvoir se permettre de donner les leçons aux autres, et que certaines méthodes me paraissent déplaisantes, autant que parce que les discours du genre « Oui on s’en fout de la vegan police allons manger des moules » me courent également sur le haricot.
    Cependant je me permet d’intervenir parce que certains des propos ici tenus me semblent aller plus loin encore qu’une simple dispute entre vegans : sous couvert de critique de la pureté, cet article remet en cause de nombreux aspects de l’antispécisme et non plus seulement l’attitude de certaines personnes (dans un sens ou un autre). Tout en justifiant cela justement par des accusations de racisme ou de sexisme.
    Enfin, l’article sur Taubira, je ne l’ai pas lu, mais le titre est effectivement en soi plus que douteux. Et les abattages hallals, tout ça, ça me paraît une cause aux relents à la fois raciste et welfaristes: je ne vois donc pas le lien entre les vegans antispé et ça, c’est même contradictoire. N’est-ce pas là pour justement étayer une argumentation (faiblarde) dans le sens « les antispécistes sont racistes »?? Alors que c’est profondément, ontologiquement, l’inverse?

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    • Par rapport au viol, je parlais dans l’article de l’insémination des vaches. Je n’avais jamais entendu parler de ces « saillies non consenties et violentes » dans les élevages de chevaux, et je vois ce que vous voulez dire.

      Je ne vois pas ou vous voyez une volonté chez moi de ne pas comparer les animaux aux humains. Ce que je voulais souligner dans cet article, c’est que chaque souffrance vécue par les humains dans une période de l’histoire, ou dans un contexte social donné, a une individualité propre. La souffrance que vivent les animaux leur est propre aussi. Je ne dis pas qu’il y en a une plus importante qu’une autre, je dis juste qu’on a pas besoin de les comparer pour ressentir de l’empathie pour les animaux.

      Je pense que même un végane « parfait » comme vous dites, n’a aucune légitimité à s’en prendre à qui que ce soit. Déjà etre parfait est impossible, et dans le monde dans lequel on vit on consomme parfois accidentellement des produits carnistes dès qu’on relache notre vigilance. Plutot que de lyncher ceux qui font un écart, utilisons notre énergie pour militer à changer le systeme. Et le coup du « Oui on s’en fout allons manger des moules » c’est n’importe quoi. Personne n’a dit ça et je trouve que me faire ce procès d’intention est pour le moins rapide.

      Je ne crois pas avoir dit que les antispés étaient racistes. Dire qu’une personne « est » raciste ou pas, c’est un peu simple. On a parfois des paroles ou des comportements racistes, et il faut chercher à les déconstruire. Le truc c’est que bcp de militants antispécistes militent pour cette cause là, mais n’ont pas forcément encore déconstruit le sexisme et le racisme, et du coup peuvent avoir des propos ou des comportement problématiques.

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      • Le coup des moules, je ne l’ai malheureusement pas inventé. Je ne dis pas que VOUS l’avez dit, mais voilà, ça existe…
        Pour ce qui est d’avoir un comportement raciste ou sexiste, je maintien qu’on peut parler de viol ou de génocide et d’esclavage sans avoir une attitude raciste ou sexiste. Car oui, la sexualité des animaux non humains est différente de celle des humains mais pour autant un animal peut se faire violer, exploiter, tuer, etc. La comparaison n’est ici qu’une réévaluation de ces souffrances si longtemps occultées.

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  2. Je suis globalement d’accord avec cet article, mais j’ai beaucoup de mal avec l’argumentation autour de la question du viol .

    La culture du viol est bien liée à la misogynie et explique pourquoi il y a plus de femmes violées que d’hommes violés, cependant il me semble que résumer le viol à cette culture misogyne et à une affaire de femme (sans considération des origines, de l’identité de genre, de la sexualité par exemple) est un peu trop simpliste et nie une grosse partie du problème. Il existe plusieurs formes de viols et je trouve dommage d’en occulter une grosse partie pour répondre à un argumentaire végane qui, pour le coup, ne me semble pas si exagéré (d’ailleurs, il y a des viols sur animaux-non humains reconnus par la loi puisque la zoophilie est un crime).

    S’attaquer aux personnes qui affirment que traire une vache est un viol, là, ça me semble logique, mais pour une pénétration forcée dans le but d’exploiter les capacités reproductives d’un animal, l’idée que le viol fasse partie de la maltraitance que vivent les vaches ne me semble pas choquante. Le but n’est pas de minimiser la souffrance des victimes humaines

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    • Non bien sur, le but n’est pas de minimiser la souffrance des victimes humaines, ni celle des animaux d’ailleurs, mais plutot de considérer chaque souffrance dans son individualité.

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      • Mais « considérer chaque souffrance dans son individualité » n’exclut pas de les comparer. Les militant-e-s comparent souvent les dominations entre elles – le racisme avec le sexisme, l’homophobie avec la transphobie, etc. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de « différence » ; cela veut simplement dire que les souffrances des un-e-s ne sont pas sans point commun avec les souffrances des autres. Et il ne me semble pas moralement répréhensible de comparer, par exemple, la discrimination raciste que représentait l’interdiction du mariage mixte dans certains Etats des USA, et la discrimination homophobe que représente, dans la plupart des pays du monde, l’interdiction du mariage entre personnes du même sexe.

        Donc si vous considérez réellement que l’antispécisme est une domination aussi grave que le racisme, où est le problème à comparer les abattoirs avec les camps d’extermination ?
        Vous dites que c’est violent d’instrumentaliser la souffrance des gens… Mais faire une comparaison, ce n’est pas « instrumentaliser » la souffrance. Rapporter les discriminations homophobes aux discriminations racistes sur la question du mariage, ce n’est pas « instrumentaliser » la souffrance des personnes racisées. C’est simplement éclairer une situation donnée en faisant une mise en parallèle historique.

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      • Depuis que je me suis penchée sur l’intersectionalité j’ai tendance à me méfier des arguments à base de comparaison entre les discriminations.
        Tiens, une anecdote: Une fois j’étais au travail, et un collègue est arrivé en saluant tout le monde. Il a salué chaque personne par leurs prénoms, et quand il est arrivé devant moi a dit « Bonjour femme. » J’étais la seule femme dans la pièce, et la seule à ne pas être considéré comme une personne, puisque rabaissée à mon genre.
        J’aurai voulu expliquer en quoi c’était inacceptable et blessant comme comportement,mais rien ne m’est venu. Crois tu que dire: « si j’étais la seule personne noire dans la piece et que tu dises bonjour aux gens par leurs prénoms, mais qu’en arrivant à ma hauteur tu dises « Bonjour, noir », ca serait ultra choquant. C’est pareil quand tu rabaisse quelqu’un à son genre. » soit un argument efficace?

        A une époque j’aurais sorti cet argument sans hésiter, aujourd’hui non. Parce que ça crée une hiérarchisation des luttes, qui laisse sous entendre qu’on est plus avancé en matière de combat contre le racisme qu’en matière de féminisme. Ce qui est faux. En plus de ça faisant parti d’une catégorie de personnes très privilégiées (blanche cis het valide), la plupart des oppressions sont invisibles pour moi, et comparer des oppressions alors que je ne les vis pas me semble vraiment malvenu. Et étonnamment on voit plus souvent des blancs utiliser des comparaisons entre le racisme et l’antispécisme, que des noirs.

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      • « A une époque j’aurais sorti cet argument sans hésiter, aujourd’hui non. Parce que ça crée une hiérarchisation des luttes, qui laisse sous entendre qu’on est plus avancé en matière de combat contre le racisme qu’en matière de féminisme. Ce qui est faux. »

        Je ne sais pas si en général et dans l’absolu c’est vrai ou faux, mais sur ce point précis cela me semble vrai : il semble plus choquant pour beaucoup de gens de dire « Bonjour noir » que « Bonjour femme », ce qui prouve que sur ce point précis, oui, on est plus avancé-e-s en matière de combat antiraciste qu’en matière de combat féministe. Je ne vois pas pourquoi dire cela impliquerait une « hiérarchisation des luttes ».

        Et je ne vois pas bien comment, de ton point de vue antispéciste, tu peux nier que le combat antispéciste soit moins avancé que le combat anti-raciste. Massacrer des Noir-e-s ou des Juif/ve-s, cela choque à peu près tout le monde ; alors que massacrer des animaux, non.

        « Et étonnamment on voit plus souvent des blancs utiliser des comparaisons entre le racisme et l’antispécisme, que des noirs.  »

        Il peut y avoir des raisons psychologiques à ça, qui sont quand même de *mauvaises* raisons. L’intersectionnalité ne va pas de soi, et il me paraît plausible que des dominé-e-s aient tendance à concevoir la domination qu’ils/elles subissent comme étant la plus importante, donc non susceptible de comparaison avec quoi que ce soit d’autre – à plus forte raison quand ils/elles ont l’impression que cette comparaison pourrait tourner à leur défaveur. Dans un monde où le racisme est plus largement condamné que le spécisme, faire une comparaison entre l’un et l’autre pourrait effectivement, aux yeux de beaucoup de gens, minimiser le racisme (par analogie avec le spécisme), et non faire devenir antispéciste (par analogie avec le racisme). Du coup, ces personnes ont sans doute, ou croient avoir, un intérêt objectif à refuser cette comparaison. Mais si tu penses que la comparaison est juste, et qu’elle permet de dénoncer efficacement un scandale, je pense que tu n’as aucune raison de refuser de l’utiliser…

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  3. « La comparaison n’est ici qu’une réévaluation de ces souffrances si longtemps occultées. » c’est bien le problème, cette réévaluation est faite bien souvent par des non-concernées des dites périodes historiques, et reconnaître que cette argumentation est soumise à des rapports de pouvoir selon la personne qui le dit (comme les priviliégiés), c’est nier que cette narration participe à des amalgames douteux. Ce n’est pas pour rien que des communautés afrovegan se sont développéEs, ni pour le plaisir, mais bien à cause de cette incompréhension et de ce manque d’écoutes, qui causent des agressions perpétuelles dont on refuse souvent de parler.

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    • Comme je l’ai dit, pour ce qui est des camps de concentration, ce sont quelques-uns des survivants qui ont fait la comparaison. Quand on sait que c’est l’organisation des abattoirs de Chicago qui a inspiré les nazi, cela se comprend. D’ailleurs la première chose que font les gens qui veulent rabaisser un peuple ou une communauté, c’est de la qualifier en termes animaliers.
      L’antispécisme part au contraire du postulat que tous les humains sont égaux et qu’il faut réévaluer l’animal et non plus le considérer comme une chose. Quand je parle d’égalité, j’entends bien qu’il ne s’agit pas de nier l’oppression que subissent certain-e-s, mais bien en terme de « valeur » (enfin je ne sais pas si c’est bien clair, je ne voudrais pas que ce que je dis soit interprété à l’inverse…).
      Quant au terme d’esclavage, il se réfère au concept d’esclavage en soi sans forcément une référence historique. D’ailleurs pour la comparaison je voulais faire un dessin, parce qu’effectivement ça peut mais alors complètement être dit de manière déplacée (et c’est un euphémisme).
      En bref, je ne vois pas dans le slogan « élevage, esclavage, abattoir, barbarie » une négation qui participe à des amalgames douteux, mais peut-être me fourre-je le doigt dans l’œil jusqu’à la lie.

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  4. Quelqu’un qui s’affiche portant de la laine peut-il vraiment être considéré comme antispéciste ? Il me semble que c’est aussi absurde que G. Yourofsky qui se dirait antisexiste, et pourtant on ne se prive pas de le dénoncer. Pourquoi ne pas accepter que quelqu’un usurpant un combat politique soit dénoncé pour cette appropriation mal-à-propos ? Je ne dis pas qu’il faut fliquer systématiquement, jouer aux Vigilants et tout ça, mais ça ne me paraît pas absurde d’aller rappeler l’incohérence (ou l’hypocrisie) d’un.e supposé.e militant.e agissant à l’encontre du combat prétendument porté, comme on le ferait pour une remarque raciste de n’importe qui, mais a fortiori d’un.e militant.e antiraciste, ou d’une remarque sexiste d’un.e camarade féministe. Et du coup, mêler cette dénonciation légitime à des remarques homophobes et toxicophobes (je ne les ai pas vues, je me suis contenté de ce que je voyais sur FB, n’utilisant pas Ask) pour les mettre sur le même plan me paraît franchement malvenu, et malhonnête.

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    • Mais cette dénonciation est elle légitime? Et vous dénoncez quoi en fait? Le fait que ce mec ne soit pas parfait parce qu’il achete de la laine? Dans quel but? Est ce que cet achat de laine annule tous les efforts qu’il a fait jusqu’à présent pour éviter de causer la souffrance d’un animal? Et encore une fois, quitte a blamer quelqu’un ou quelque chose, au lieu de viser des personnes, visez des systemes. Si on ne vivait pas dans un monde ou dès qu’on relâche sa vigilance, on consomme du cadavre malgré soit, on ferait beaucoup moins souvent des écarts.
      Et si je met les remarques homophobes et toxicophobes sur le même plan, c’est parce que ces courageux dénonciateurs anonymes, qui se revendiquent gardiens suprême de l’empathie universelle, apparemment méprisent les pédés et les junkies.
      Mon article dit simplement Get Your Shit Together. Si tu vois ca comme de la malhonnêteté, c’est navrant.

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      • Je ne pense pas que ce qui ait été dénoncé soit le fait d’acheter de la laine (enfin, que CETTE personne précisément achète de la laine) mais plutôt qu’elle s’en vante (ou du moins l’affiche et s’en défend par la suite, avec des phrases WTF du type : « on peut être végan et bouffer du fromage ») en se prétendant végan dans le même temps. Bien sûr que personne n’est parfait, mais y a un fossé entre d’un côté ne pas être complétement cohérent dans sa démarche, et de l’autre dévoyer un discours en prétendant porter un combat qu’on relègue finalement au second plan. Pour expliciter : si on ne va pas automatiquement casser les genoux du premier venu balançant une remarque sexiste, on est tout de même en droit d’attendre d’un militant féministe qui en ferait une qu’il s’en excuse, et surtout qu’il ne s’en justifie pas.

        Ça n’empêche pas de dénoncer le(s) système(s) pour autant. Quand on dénonce l’infiltration de la PA par l’extrême-droite on cible aussi des personnes, idem quand on dénonce les FéministesTM (mauvaise utilisation du TM d’ailleurs pour cet article) qui s’approprient ou passent sous silences les luttes des plus oppressées : TDS, trans, racisées, lesbiennes, etc. Bref, les deux s’articulent (dénonciation et critique du système, et critique et vigilance à l’égard de celles et ceux qui détournent les luttes ou les dévoient).

        Encore une fois, on ne peut pas comparer les personnes qui font remarquer cette absurdité (revendiquer l’achat de laine ET se dire végan) avec des trolls homophobes et toxicophobes, pas plus qu’on ne peut nous accuser d’être d’extrême-droite quand on critique les FEMEN parce que les fachos aussi le font. Et si dans ce dernier cas tu mettais les deux camps (critique féministe des FEMEN et shitstorm fascisante) sur le même plan (Get your shit together), ce serait de la malhonnêteté. Ça me semble être le cas ici aussi.

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  5. Je ne comprends pas le truc de la laine.

    Sur Twitter, quand des militants anti-racistes/antifas/féministes etc. – qui se DECLARENT comme tels dans ou au travers de leurs tweets, retweets et/ou dans leur bio – de longues datent sortent des conneries racistes, sexistes, etc. ils s’en prennent plein la figure PERSONNELLEMENT. C’est-à-dire que des gens se moquent publiquement (Twitter, c’est public, c’est pas des commérages entre deux portes dans un couloir ou autour d’un café ou sur l’oreiller), pointent du doigt, relaient, etc. On cite leur nom, on cite leur tweet et on leur envoie des noms d’oiseau à la volée, on les agresse. Souvent, ensuite, les gens agressés se défendent comme ils peuvent et n’importe comment en disant n’importe quoi et seulement APRES les gens disent « Oui mais t’as pas compris qu’on vivait dans un système raciste, patriarcal et que c’est pas à toi qu’on s’en prend personnellement mais à la société ». Ils ont cité un nom ou un pseudo, ils ont pointé du doigt publiquement avec violence et ils voudraient que les gens soient calmes et comprennent ? LOL. C’est, en bref, n’importe quoi. C’est une question de forme et de respect. La colère engendre la colère.

    Alors je ne connais pas cette personne personnellement mais si le monsieur-à-la-laine (je parle de lui parce qu’on parle de lui mais des gens qui se réclament de quelque chose, s’auto-collent des étiquettes et débinent des personnes et non des comportement de manière non-constructive il y en a pléthore) a l’habitude de donner des leçons en critiquant personnellement l’attitude d’une personne publiquement et non un comportement ou dit des trucs genre « les gens qui.. sont les gens qui font.. c’est pas logique, ils devraient faire ça.. » en généralisant, faut pas s’étonner des retours de bâton. Point. Et les arguments à base de « Non mais si on est en colère et qu’on a tel comportement, c’est parce que [insérer un truc] », ça commence à super bien faire je trouve.

    Non, le fait de porter un truc en laine n’annule pas tout ce qu’il fait pour la cause, ça ne fait pas de lui non plus un être abjecte et stupide. Ca pose juste certaines questions.

    Se dire « vegan » c’est se donner des devoirs en respectant la définition du mot.
    Quand tu sors de la définition du mot « vegan », t’es plus vegan, point barre.
    C’est pour ça je pense que le mot flexitarien existe : c’est une nouvelle pour dire qu’on n’est pas dans les autres cases et qu’on fait des va et vient pour se dédouaner.

    Si les gens en mettent plein la gueule généralement, c’est parce qu’ils s’en sont pris plein la gueule perso de pas avoir été le parfait petit [insérer militant voulu].

    Voilà le problème des étiquettes et des idéaux : ça colle pas à la réalité, ce ne sont que des guides, des rails.

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  6. Pour les camps de concentration, je trouve aussi personnellement que la comparaison est choquante tant elle renvoie à une souffrance encore bien présente dans les esprits.
    Si les rescapés des camps ont fait cette analogie, c’est dans le sens inverse : nous étions traités comme des animaux, envoyés à abattoir »… (pour exprimer leur souffrance et non celle des animaux).

    Même si dans l’absolu, les deux faits sont comparables, je pense aussi qu’on devrait éviter ce genre d’analogie douteuse qui ne fait que choquer les gens volontairement, parfois au mépris de leur propre vécu. Un peu comme si on leur disait: « bin quoi t’a souffert, et alors, tu y penses aux animaux ? ils souffrent bien pareil que toi tous les jours ! » ….  »

    Certains personnes ne le disent pas directement mais toute leur attitude transpire cette façon de penser. La violence pour la personne de l’autre côté qui perçoit ça est extrême et blessante.

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  7. D’ailleurs je viens même de lire sur un groupe facebook la comparaison entre l’industrie de la viande et les camps de concentration, avec un complément à faire hérisser les cheveux sur la tête :

    «  » Les « petites » différences étant :
    – les nazis n’élevaient pas les victimes de camps de concentration, ils ne faisaient donc pas perdurer l’abomination
    – les nazis ne nous faisaient pas manger les juifs torturés (ou toute autres victimes)

    Ainsi,on constate que mêmes les conditions qu’on nous fait juger comme les plus abominables au point de les qualifier de crimes contre l’humanité, sont largement dépassées au quotidien par les êtres vivants à qui nous faisons subir l’enfer perpétuel. «  »

    Sous-entendu, les nazis, finalement, ils étaient encore gentils, eux au moins, ils ne mangeaient pas les gens …. Tandis que vous, (les autres, les omnis, les mauvais végans) vous mangez les animaux ou leur dérivés.

    Si ce n’est pas un réel MEPRIS pour les gens qui ont souffert dans les camps de la mort, qu’est-ce ?

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